A propos de l’exposition : Morellet, histoire de familles

Le Centre d’Art Contemporain de Lacoux occupe, depuis sa création en 1971, une place originale dans le paysage de l’art actuel . Il porte cette singularité à plusieurs titres : son pari, démontrer que la création contemporaine est un formidable support d’ouverture au développement local, que les caractères du territoire constituent autant d’éléments et d’axes de recherche pour un site culturel en friche … un laboratoire pour les arts vivants ouvrant la voie à des expériences, des rencontres alternatives ou atypiques, entre le public, les publics et les propositions plastiques d’aujourd’hui .

C’est dans ce sens qu’a été entreprise une démarche de collaborations actives, présentes et à venir, entre le Centre d’Art Contemporain de Lacoux et l’Office Municipal de la Culture de Poncin à l’occasion de l’exposition Morellet .

Alors, si tout n’était au fond qu’une question de hasard, une histoires de rencontres ? L’exposition Morellet, conjuguée au pluriel, en apporte certainement la preuve . Cette attention en forme de résolution généalogique, ou peut-être d’hypothétiques retrouvailles entre François et Paul, décline naturellement ces géographies intimes vers les champs de l’imaginaire . Alors quoi de plus conséquent que ces aléatoires correspondances nourrissent un territoire culturel aux limites indéfinies et mouvantes ?

Gageons que la géométrie partagée des protagonistes rende au réel sa juste part . La tension naissante des espaces plastiques proposés ne participe-t-elle pas d’un goût consommé pour l’humour, d’un sens premier de l’absurde, d’une application du vivant sur la mathématique ? Alors comment envisager le mythe contemporain aujourd’hui en omettant l’urgence du vivant, le probabilisme de notre condition ? C’est à ce singulier rappel que semblent nous inviter François, Paul et les autres, à travers l’exigence de leurs mythologies personnelles au regard de l’histoire collective. Assistons donc, séduits, à cette belle turbulence, celle de la poésie des possibles, face à la chute des improbables .

Philippe Marchado, administrateur du Centre d’Art Contemporain de Lacoux

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